
Le 27 avril 2007, Philippe Marchand, qui était alors étudiant à la maîtrise, a rencontré le secrétaire et vice-doyen à la gouvernance de la Faculté des sciences Thierry Giordano. C’était Giordano lui-même qui avait proposé la rencontre en réponse à une lettre ouverte de Marchand dans laquelle il remettait en question la décision de la Faculté de ne pas inclure une motion à l’ordre du jour de son conseil de faculté.
Dès le début de la rencontre, Giordano a reçu Marchand de manière agressive, lui a refusé son droit d’être accompagné par une tierce partie durant la rencontre et a procédé à un interrogatoire serré, l’interrompant à tout propos.
Pour aggraver les choses, Giordano a ensuite menacé Marchand de représailles s’il révélait le contenu de leur conversation à une tierce partie. Giordano a alors ajouté : « Alors je vous réponds tout de suite: si à un moment ou à un autre, il y a un écrit, ou si j'apprends que vous avez utilisé la discussion, le contenu de cette discussion pour dire "voilà les raisons pour lesquelles ils ont refusé", [d’ajouter une motion à l’ordre du jour du Conseil de faculté] si j'entends dire cela, je vous attaque. C'est clair? »
Giordano a aussi dit : « Que ce soit bien clair, de un je ne reconnaîtrai pas, si vous sortez n'importe quoi, je ne reconnaîtrai pas, mais plus que cela, je serai... je vous attaquerai, en disant "non, c'est pas vrai."
Cette intimidation de haut niveau de la part d’un membre de l’administration est non seulement troublante et répréhensible, mais elle est aussi interdite en vertu du Règlement sur le traitement des étudiantes et étudiants diplômés pour les questions non scolaires et non liées à l’emploi. Marchand a immédiatement porté plainte en vertu de ce règlement, mais cinq années plus tard, la plainte n’a toujours pas fait l’objet d’une enquête et le dossier demeure décidément irrésolu. L’ancien doyen de la Faculté des sciences André E. Lalonde et l’ancien doyen de la Faculté des études supérieures Gary Slater, ont tous deux contribué à retarder inutilement le processus de plainte, ce qui a bien entendu aggravé les dommages subis par Marchand.
Il est tout aussi préoccupant de savoir que l’Université a continué de refuser d’enquêter sur la plainte malgré le fait qu’un enregistrement de l’incident existe.
Pour son profond manque de respect, pour son refus de s’excuser lorsque le CRÉ lui en a fait la demande en 2008 et pour avoir menacé, de manière flagrante et répétée, d’attaquer un étudiant, Thierry Giordano mérite amplement le Prix bras de fer. Le Centre de recours étudiant réitère sa demande au professeur Giordano afin qu’il présente des excuses formelles à Philippe Marchand. Le Centre de recours étudiant réclame aussi que l’enquête sur l’incident soit enfin entreprise en vue d’éventuelles mesures disciplinaires.